Projet HG-Context

Enseignement de l’histoire-géographie en contexte ultra-marin

 

Thème 2 : Enseignement-apprentissage, savoirs et médiations en contextes

2A- Rapports aux savoirs et littératies

2B-Didactiques et professionnalisation

 

Présentation du projet HG-Context

HG Context - L’enseignement de l’histoire-géographie en contexte ultra-marin.

Ce projet de recherche est conduit au sein du laboratoire Icare (EA 7389) de l’Université-ESPé de La Réunion, en partenariat avec l’académie de la Réunion. Il s’inscrit dans le thème 2 « Enseignement-apprentissage, savoirs et médiations en contextes » (2-2 Didactique et professionnalisation).

 

Acronyme : HG-Context

Projet ayant donné lieu à une convention : Projet (en cours) avec le Rectorat de l’académie de la Réunion

Membres Icare impliqués :

Sylvain Genevois (responsable), Pierre-Eric Fageol, Cédric Hossen, Olivier Roux

 

Contexte de la recherche

Depuis le début des années 2000, l’enseignement de l’histoire-géographie en contexte ultramarin a fait l’objet d’adaptations des programmes nationaux afin de répondre aux spécificités locales des départements et régions d’outre-mer. Il s’agit non seulement d’intégrer les minorités à l’histoire de la nation française, mais également de tenir compte des contextes historique et culturel dans lesquels se sont façonnés ces territoires et ces identités ultramarines. De nouvelles adaptations sont parues en 2017, mais aucun bilan de ces adaptations n’a été véritablement conduit dans le contexte réunionnais. Des ambiguïtés assez fortes semblent demeurer : simples adaptations-déclinaisons de programmes nationaux ou véritables efforts de contextualisation pour construire une identité par le bas, à l’échelle réunionnaise voire india-océanique ?

 

Cadre théorique

Sans être vraiment nouvelle, la place de l’identité et de l’altérité au sein de l’enseignement de l’histoire-géographie constitue une question récurrente dans le champ postcolonial (De Cock, 2009) et dans le cadre des études consacrées à la sociologie du curriculum en contexte ultramarin. Elle débouche sur la question plus large de la « fabrique des savoirs scolaires » et sur le rôle joué par les différents acteurs du système éducatif (Harlé, 2009). Déterminer ce qui doit être enseigné ne peut être considéré comme une opération « tranquille » (Audigier, 2005), surtout dans le contexte des Départements et Régions d’Outre-Mer (DROM) où la pression sociétale altère quelque peu le poids de la doxa éducative nationale et fait émerger des enjeux identitaires à forte consonance politique (Fageol, 2015). L’objectif est d’analyser les tensions sous-jacentes à l’élaboration d’une « citoyenneté plurielle » (Legris, 2010) qui peine à sortir d’un référencement national.

 

Problématisation et hypothèses 

La question centrale des savoirs et des identités en contextes nécessite d’être articulée avec celle des dispositifs et des situations. Le cadre de référence mobilisé s’appuie sur le  « curriculum caché » tel que défini par Perrenoud (1993) et Apple (2004), et discuté par Barthes & Alpe (2013). L’hypothèse est celle d’un curriculum « arrangé » c’est-à-dire un cadre de référence autonome (Genevois et Fageol, 2017) qui dépend des préconstruits identitaires des enseignants et de la manière dont ils reconnaissent et contextualisent leurs pratiques (Sauvage-Luntadi et Tupin, 2012). La recherche interroge les points suivants :

  • Quel bilan des adaptations mises en œuvre suite aux programmes parus depuis 2000, en vue d’appréhender les pratiques réelles des enseignants et des élèves ?

  • Quelles évolutions ont conduit à infléchir l’approche d’une logique d’adaptation à celle d’une contextualisation – reconstruction à partir de logiques locales ?

  • Quelles sont les dispositifs, situations, ressources à mettre en œuvre pour aider les enseignants et les élèves à aller vers un enseignement-apprentissage contextualisé ?

 

Méthodologie et perspectives d’analyse

  • Questionnaire d’enquête auprès des enseignants d’histoire-géographie-EMC de La Réunion afin d’évaluer les thèmes abordés en classe, les ressources pédagogiques mobilisées, les problèmes rencontrés.

  • Entretiens ciblés auprès des enseignants en vue de recueillir leurs témoignages et leurs représentations.

  • Analyse du matériel pédagogique (manuels, fiches activités…) produit ou à produire.

 

Terrain investigué 

  • Académie de la Réunion (2nd degré) : enseignants et élèves de collège, lycée et lycée professionnel.

    Disciplines : histoire, géographie et éducation morale et civique.

 

Résultats attendus / Retombées

  • Emergence d’un questionnement autour de la citoyenneté et de l’identité en territoire ultramarin.

  • Prise en compte d’une certaine éthique de l’altérité au sein des pratiques enseignantes.

  • Développement d’une didactique contextualisée qui permette des reconstructions par les enseignants eux-mêmes.

 

Perspectives de valorisation 

  • Communication dans le cadre du Grand Pavois 2019 / 2020.

  • Valorisation des résultats auprès de l’Académie.

  • Valorisation auprès des étudiants et stagiaires en formation initiale et continue.

  • Grand séminaire sur “Contexte, identités, savoirs enseignés” prévu en 2020

  • FAGEOL, P-E., GENEVOIS, S. (à paraître). Questionnement identitaire et reconnaissance de l’altérité en contexte multiculturel réunionnais : vers une citoyenneté plurielle ? In GAUJAL, S., LEININGER, C., SOUPLET, C. (dir). Citoyenneté, identité, altérité : quels enseignements ? quels apprentissages ? Septentrion.